Archives de Catégorie: A découvrir…

Thomas Canto capture l’éphémère

Le travail de Thomas Canto, c’est un travail minutieux, parfois même de titan lorsque certaines de ses toiles atteignent les « 120 heures de travail ». Sur corps, sur les façades, sur des objets ou bien sur toile, ce Lyonnais est devenu, au fil du temps, un artiste polyvalent. Celui qui a beaucoup navigué entre la France et l’Afrique enchaîne aujourd’hui les aller-retours entre la ville Lumière et la capitale. Palette graphique, vidéo-projecteur et ordinateur en main, il s’est même installé à Paris, le 6 octobre dernier, dans le cadre d’Octobre rose, pour une vidéo-projection sur l’entrée du Louvre et soutenir les acteurs de la lutte contre le cancer du sein, dans leur démarche.

« IL FAUT ÊTRE SÛR DE SON GESTE »

Mode manuel : OK. Vitesse lente : OK. Trépied : OK. « Il faut être sûr de son geste », explique Thomas. Il travaille le mouvement et maitrise ses performances : un corps recouvert de peinture, une façade de lumière, une toile de peinture… Si l’énergie semble guider son travail, ses œuvres restent pour la plupart du temps éphémères.  Seule la photographie vient immortaliser son travail électrique et capturer le temps qui passe. Pour le mettre en boîte. Et quand on l’interroge sur le bâtiment sur lequel il reverrait de projeter, l’artiste n’a pas trouvé plus loin que la Malaisie avec Pétronas towers… Des projets plein la tête qui devraient continuer à le faire voyager.

Explication sur la composition de ses images :

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De l’énergie avec Smash 137 à la Galerie Celal

PARIS 1er. 18 HEURES.

Chemise à carreaux et jean : c’est avec simplicité et discrétion que l’artiste suisse, Smash 137, était présent ce soir, à la Galerie Celal, pour le vernissage de son exposition « Grow up ! ».

« Grandis un peu », c’est un clin d’œil à la phrase souvent prononcée par les proches de l’artiste : parents, femmes qu’il a aimées, amis… lorsqu’il partait avec ses bombes de peintures et son sac à dos sur l’épaule, pour peindre. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des chefs de file du mouvement graffiti.

C’est en 1990 que Smash 137 fait ses premiers pas dans le graffiti avec ses bombes de peintures. Son nom d’artiste devient sa signature. Sa signature devient des autoportraits. Il a même exposé, en 1997, au musée des Beaux-Arts de Bâle, sa ville natale… avant de conquérir, pendant les années 2000, galeries et musées d’Australie, des États-Unis, du Mexique, de l’Allemagne et de France.

Dès 17 heures, le trottoir de la rue Saint-Honoré était pris d’assaut par une trentaine de personnes. Des fidèles. Et des admirateurs. Ils étaient au rendez-vous bien avant l’heure : l’artiste offrait aux 50 premiers arrivés, l’une de ses sérigraphies, numérotée et signée en bas à droite de l’oeuvre. Dans cette galerie aux murs en pierre blanche, une vingtaine de toiles étaient à découvrir. Smash 137 joue avec les pigments, en composant ses toiles avec des couleurs chaudes ou froides. Il s’amuse avec les courbes, apportant une touche musicale… et laisse apparaître ses coups de pinceaux. On y devine à quel moment il a utilisé la peinture aérosol, l’acrylique ou l’encre. Pris dans une sorte de tourbillon, de sphère infernale, les visiteurs se laissent très vite emporter dans son univers. Il travaille la lettre, la calligraphie. Et ses œuvres sont véritablement marquées par le graphisme. Les couleurs utilisées sont vives, éclatantes. Comme des faisceaux de lumière. Une belle énergie se dégage de ses « coups de crayons ».
A découvrir jusqu’au 19 novembre.

Galerie Celal, 45 rue Saint-Honoré. Ouverte du mardi au samedi de 14 à 18 heures.

Merci à Sifat pour cette belle découverte.

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Marcel Vinsard : « Je ne suis pas artiste, je suis bricoleur »

Marcel Vinsard a ses journées bien occupées. Difficile pour ce coiffeur retraité de ne pas mettre la main à la pâte dès que l’occasion lui est donnée. Dans une petite ville iséroise, le portail qui mène à son jardin extraordinaire est toujours ouvert… et l’homme de la maison n’est jamais loin pour vous accueillir avec le sourire et pour vous présenter l’intégralité de ses œuvres et les anecdotes qui leur sont liées.

A 81 ans, Marcel Vinsard se rend tous les jours à la déchetterie, les deux mains bien accrochées au guidon de son vélo, pour dénicher de petites merveilles qui viendront apporter une touche décalée à sa créativité et agrandir sa collection. Pour ce mordu de cyclisme, pas une journée ne passe sans mettre un pied dans son atelier. « Je me lève souvent à 3-4 heures du matin. Je descends dans mon garage et je n’arrête pas. Je réalise jusqu’à un ou deux modèles par jours. Je suis un bricoleur qui fait des modèles, des statues… mais je ne sculpte pas ! »

« J’ai commencé à travailler avec du bois, il y a onze ans de cela, explique ce retraité dynamique. Mes premières œuvres ont été réalisées dans des écorces. Je me suis ensuite mis au béton cellulaire qui résiste mieux à la pluie et maintenant je travaille avec du polystyrène. C’est peut-être une matière fragile, mais facile à travailler ». Animaux, totems du Canada, personnalités, personnages de dessins animés ou portraits de proches… quand Marcel Vinsard n’est pas en train d’achever l’une de ses œuvres, il passe son temps à entretenir ses 180 sculptures déjà réalisées : « Je ne suis pas artiste, je suis bricoleur », explique cet homme généreux.

Parmi les artistes qui l’inspire, on retrouve Alberto Giacometti. Et Marcel Vinsard n’hésite pas à développer un geste artistique proche du sculpteur suisse. « Je peux faire un modèle en une heure et un Giacometti dans la journée. C’est d’ailleurs le huitième que je viens de réaliser ». Ci-dessus, Marcel Vinsard présente l’une de ses œuvres : il s’agit de Diego, le frère d’Alberto Giacometti.

Son chalet en bois renferme lui aussi ses secrets. Ses nombreuses photos éparpillées témoignent du temps qui passe… et des œuvres qui n’ont pas résisté face aux assauts du temps ou aux dégradations d’enfants désoeuvrés. En tout cas, une chose est sûre : l’artiste, qui se dit « bricoleur », n’a pas fini de donner un second souffle à ses œuvres. Deux de ses sculptures vont bientôt le quitter : l’une va prendre la route de l’Hôtel de ville de Grenoble et l’autre rejoindra la municipalité de Chambéry.

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Esper, « c’est l’envie de meilleures choses »

Le collectif « Haut en couleur », c’est avant tout l’histoire d’une famille. Ils ont choisi la voie artistique et mettent tout en place pour vivre de leur passion. Rencontre avec Esper, l’un des deux directeurs artistiques d’HEC, à son compte depuis 2005/2006.

Pour comprendre la naissance du collectif, il faut remonter à l’année 2001. « Avec Raphaël, nous avons créé un crew de graffeurs, devenu un collectif en 2006 », explique Esper. Deux photographes, un web-développeur, des artistes polyvalents… « Pour pouvoir répondre à des commandes de l’événementiel, il fallait regrouper toutes les équipes capables de répondre à la demande ». Cinq ans plus tard, interrogé sur son plus beau souvenir au sein du collectif, Esper a déjà la réponse en bouche : « Pour moi, c’est le projet de la fresque « Haut en couleur » en vidéo. On l’a réalisé sur un mur, en créant une ambiance, et la vidéo tournée a été le lancement de la création du site Internet ».

« Les gens ont l’impression de repartir avec un bout de l’exposition »

Pour l’exposition « Habitation en carton » à La Friche, qui s’est terminée dimanche, Esper a voulu innover : « J’en avais marre des expos collectives avec un accrochage très propre, aligné. Alors je me suis dit : tiens, on va transformer la friche en carton. Nous en avons tous récolté pendant deux semaines. Une fois que tout a été placardé, nous avons posé toutes les œuvres au sol et essayé de faire un accrochage ». Rien n’était laissé au hasard : même le nom de l’exposition reprend les initiales du collectif. « L’exposition a évolué, car des touristes ont acheté des œuvres au fur et à mesure », poursuit Esper. Ce fut le cas de l’unique œuvre de Gustav réalisée pour l’occasion : une mosaïque de photos qu’il a dû refaire pour la suite de l’exposition. « En achetant, les gens ont vraiment l’impression de repartir avec un bout de l’exposition », s’amuse Esper.

Une pratique, un geste artistique : le body calligraphisme

« L’art, il n’y a que ça qui me fasse vibrer, confie l’artiste. Je fais partie de ceux qui ont de la chance d’avoir fait de leur passion un métier ». Son « truc » à lui, c’est la peinture sur corps. Mais il n’est pas ici question de body painting. « Ce que je fais, c’est du body calligraphisme, dans le sens où je me suis affranchi des règles de la lettre. Je me sers des courbes, je le fais à l’instinct » en toute improvisation. « J’ai travaillé avec Soket, la photographe de mon projet, pour sortir un bouquin sur la calligraphie sur corps (ou body calligraphisme), qui est la réappropriation du bodypainting par le graffeur », explique Esper. Du 25 au 28 août, les deux artistes exposaient leurs performances et le fruit de leur collaboration rue Dénoyez.

« Mon super-héros à moi, c’est ma mère »

Si Esper est avant tout artiste, il est aussi riche en connaissances culturelles depuis son plus jeune âge : 12 ans de conservatoire derrière lui. Rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’il est issu d’une famille d’artistes : un grand père architecte et artiste peintre, une mère dotée de la fibre artistique… « et puis j’ai été bercé aussi bien avec Mozart qu’avec Nat King Cole ou Minnie Ripperton » ! Parmi les artistes qu’il affectionne tout particulièrement figurent le calligraphe Hassan Massoudy, ou encore l’illustrateur Olivier Vatine. Sa jeunesse a aussi été marquée par le sport de haut-niveau, mais c’est dans l’art qu’il a appris à s’épanouir au fil du temps. Avec un blase (ndlr : pseudo) bien choisi : « J’ai eu une enfance difficile, entre violence et absence paternelle… mais ma mère m’a insufflé son optimisme et un espoir incroyable. Esper, c’est l’envie de meilleures choses ». Pour cette exposition temporaire, Esper « avait envie d’un thème un peu plus personnel ». L’une de ses oeuvres a été inspirée par les « super-héros ». Avant de confier : « Mon super héros à moi, c’est ma mère ».

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