Une monnaie de collection pour le maître du pop art Andy Warhol

Il y a trente ans, Andy Warhol lançait sa série « Dollar Sign » (1981) à New York. La Monnaie de Paris a décidé de rendre hommage à cet artiste majeur du pop art du XXe siècle, dont on fêtera le 25e anniversaire de sa disparition, le 22 février prochain. En collaboration avec « The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. », elle a frappé quatre pièces en or et en argent à l’effigie de l’artiste.

La pièce 10 euro argent, avec une face peinte en bleu avec le « Dollar Sign » 1981 sérigraphié en rouge. Cette pièce  a été frappée en 10 000 exemplaires (© LA MONNAIE DE PARIS).

Les pièces présentent le « Dollar Sign » sur sa face avec le millésime 2011 et le copyright de la fondation Warhol. Sur le revers : un autoportrait d’Andy Warhol alors âgé de 36 ans, avec les dates de vie et de mort de l’artiste (1928-1987). La citation d’Andy Wahrol « Making money is art » a été inscrite en arrière plan. Le tout est souligné par sa signature.

Ces coupures de collection, deux rondes (or et argent) et deux rectangulaires (or), présentent une valeur faciale de 10 à 5000 euros. Mais pour les acquérir, il faudra débourser au minimum 85 euros pour la pièce en argent (notre photo) et jusqu’à 70 000 euros pour la pièce rectangulaire d’un kilo en or, frappée en seulement 29 exemplaires. Rien d’étonnant quand on connaît le rapport qu’entretenait l’artiste américain avec l’argent : « Gagner de l’argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit », expliquait-t-il de son vivant.

Cette collection est à découvrir depuis hier à la boutique de la Monnaie de Paris ou sur le site de La Monnaie de Paris.

Pour plus d’information :
Boutique Monnaie de Paris : 2, rue Guénégaud – 75006 Paris
ou téléphoner au 01 40 46 59 30.

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Thomas Canto capture l’éphémère

Le travail de Thomas Canto, c’est un travail minutieux, parfois même de titan lorsque certaines de ses toiles atteignent les « 120 heures de travail ». Sur corps, sur les façades, sur des objets ou bien sur toile, ce Lyonnais est devenu, au fil du temps, un artiste polyvalent. Celui qui a beaucoup navigué entre la France et l’Afrique enchaîne aujourd’hui les aller-retours entre la ville Lumière et la capitale. Palette graphique, vidéo-projecteur et ordinateur en main, il s’est même installé à Paris, le 6 octobre dernier, dans le cadre d’Octobre rose, pour une vidéo-projection sur l’entrée du Louvre et soutenir les acteurs de la lutte contre le cancer du sein, dans leur démarche.

« IL FAUT ÊTRE SÛR DE SON GESTE »

Mode manuel : OK. Vitesse lente : OK. Trépied : OK. « Il faut être sûr de son geste », explique Thomas. Il travaille le mouvement et maitrise ses performances : un corps recouvert de peinture, une façade de lumière, une toile de peinture… Si l’énergie semble guider son travail, ses œuvres restent pour la plupart du temps éphémères.  Seule la photographie vient immortaliser son travail électrique et capturer le temps qui passe. Pour le mettre en boîte. Et quand on l’interroge sur le bâtiment sur lequel il reverrait de projeter, l’artiste n’a pas trouvé plus loin que la Malaisie avec Pétronas towers… Des projets plein la tête qui devraient continuer à le faire voyager.

Explication sur la composition de ses images :

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De l’énergie avec Smash 137 à la Galerie Celal

PARIS 1er. 18 HEURES.

Chemise à carreaux et jean : c’est avec simplicité et discrétion que l’artiste suisse, Smash 137, était présent ce soir, à la Galerie Celal, pour le vernissage de son exposition « Grow up ! ».

« Grandis un peu », c’est un clin d’œil à la phrase souvent prononcée par les proches de l’artiste : parents, femmes qu’il a aimées, amis… lorsqu’il partait avec ses bombes de peintures et son sac à dos sur l’épaule, pour peindre. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des chefs de file du mouvement graffiti.

C’est en 1990 que Smash 137 fait ses premiers pas dans le graffiti avec ses bombes de peintures. Son nom d’artiste devient sa signature. Sa signature devient des autoportraits. Il a même exposé, en 1997, au musée des Beaux-Arts de Bâle, sa ville natale… avant de conquérir, pendant les années 2000, galeries et musées d’Australie, des États-Unis, du Mexique, de l’Allemagne et de France.

Dès 17 heures, le trottoir de la rue Saint-Honoré était pris d’assaut par une trentaine de personnes. Des fidèles. Et des admirateurs. Ils étaient au rendez-vous bien avant l’heure : l’artiste offrait aux 50 premiers arrivés, l’une de ses sérigraphies, numérotée et signée en bas à droite de l’oeuvre. Dans cette galerie aux murs en pierre blanche, une vingtaine de toiles étaient à découvrir. Smash 137 joue avec les pigments, en composant ses toiles avec des couleurs chaudes ou froides. Il s’amuse avec les courbes, apportant une touche musicale… et laisse apparaître ses coups de pinceaux. On y devine à quel moment il a utilisé la peinture aérosol, l’acrylique ou l’encre. Pris dans une sorte de tourbillon, de sphère infernale, les visiteurs se laissent très vite emporter dans son univers. Il travaille la lettre, la calligraphie. Et ses œuvres sont véritablement marquées par le graphisme. Les couleurs utilisées sont vives, éclatantes. Comme des faisceaux de lumière. Une belle énergie se dégage de ses « coups de crayons ».
A découvrir jusqu’au 19 novembre.

Galerie Celal, 45 rue Saint-Honoré. Ouverte du mardi au samedi de 14 à 18 heures.

Merci à Sifat pour cette belle découverte.

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ART CLOKEY : un univers imaginaire

Mercredi, le moteur de recherche Google avait consacré, sur sa page d’accueil, un Doodle animé à la mémoire d’Art Clokey qui aurait fêté ses 90 ans. Les studios Clokey Productions Premavision ont participé à cette création unique. « Le Google Doodle est un parfait hommage au travail de mon père » a déclaré son fils, Joe Clokey, dans un communiqué. « Entre sa vie et sa carrière cinématographique, Art était en avance sur son époque. Mon père aurait été ravi d’être connecté à Google de cette façon ». Les personnages ont été modelés par Nicole LaPointe-Mckay. C’est ensuite Anthony Scott, connu dans le milieu de l’animation (L’Étrange Noël de monsieur Jack), qui a créé l’animation Doodle de ses propres mains.


Art Clokey est le pionnier du film d’animation en pâte à modeler. Ce réalisateur américain est aussi le papa de Gumby. Il lui a donné vie en 1955, en créant un premier prototype. Cette même année, les férus de cinéma découvrent Gambasia, son tout premier court-métrage. Un an et demi plus tard, les enfants peuvent découvrir « The Gumby Show » le samedi matin, sur leurs écrans de télévision. Ce sont les miracles de l’animation qui ont permis à Art Clokey de créer ce petit bonhomme vert en d’argile, au visage aussi sympathique qu’amusant.

Davey & Goliath, réalisé à la demande de l’Eglise luthérienne

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Ai Weiwei, numéro 1 du classement ArtReview

Chaque année en novembre, le magazine britannique ArtReview  publie une liste des personnalités les plus puissantes dans le monde de l’art.  Les participants sont classés selon leur influence sur la production d’art d’un point de vue international, le poids financier et l’activité dans les 12 mois précédents.

Collectionneurs, galeristes, conservateurs… sont aussi concernés, comme le prouve la présence de Glenn Lowry, directeur du Musée d’art moderne de New York (MoMA). C’est à l’artiste dissident chinois Ai Weiwei que revient la première place du classement, devant des artistes comme Cindy Sherman (7e), Takashi Murakami (47e), Anish Kapoor (50e), Damien Hirst (64e) ou encore Jeff Koons (66e).

Ai Weiwei, triptyque, « Lâcher un vase de la dynastie Han » (1995).

Selon l’AFP, pour le rédacteur en chef de la revue, Mark Rappolt, Ai Weiwei « a rappelé au monde de l’art son important rôle politique, comme facteur de protestation, hors du domaine parfois fermé sur lui-même des galeries et des musées […]. Son activisme a rappelé comment l’art peut atteindre une plus large audience et se connecter au monde réel ».

Ai Weiwei est le concepteur du célèbre stade olympique des Jeux olympiques de 2008. Son art est engagé. Sa cible ? L’autorité et la dictature chinoise en particulier. Fin juin, il a été libéré de prison après 81 jours de détention pour « fraude fiscale », mais reste toujours « sous surveillance ».

Toute la liste ici.

Le 13e portrait de Léonard de Vinci identifié

Plus de 100 millions d’euros. C’est la valeur estimée de « La belle princesse », identifié comme étant le treizième portrait de la main de Léonard de Vinci. En janvier 2008, la société « Christie’s » (Park avenue, New York) avait mis ce dessin aux enchères et catalogué ce dernier dans les « Vieux dessins de maître – allemand, début du XIXe siècle ». Il était estimé entre 12 000 et 15 000 dollars lors de la vente aux enchères.

C’est Kate Ganz qui « possède à Manhattan une galerie spécialisée dans les maîtres italiens de la Renaissance, mais qui vend aussi des dessins modernes », selon Lemonde.fr, qui va acquérir cette « Jeune fille de profil en costume Renaissance » pour 21 850 dollars. C’est entre les mains de Peter Silverman, un collectionneur, que va atterrir ce vélin (page d’un manuscrit) aux trois craies (33×34 cm), persuadé que l’œuvre pourrait être un Léonard de Vinci. « J’ai d’abord pensé à un Ghirlandaio, a-t-il confié au Monde. Puis je me suis pris à rêver : et si c’était de Vinci ? »  En 2007, il s’adresse au laboratoire parisien « Lumiere Technology ».

Les Français Martin Kemp et Pascal Cotte, après avoir numérisé l’œuvre avec une caméra à très haute définition, découvrent une empreinte palmaire sur le tableau. Elle est similaire à celle trouvée sur le Saint-Jérôme du Vatican.

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Trois trous à gauche, dans la bordure de l’œuvre, laissent penser à un manuscrit. Les recherches de l’historien d’art d’une université américaine David Wright le conduise vers les  « Sforziades » (quatre livres imprimés en 1490) à la demande des Sforza de Milan pour la noblesse milanaise. A Varsovie, l’un des exemplaires conservé présente d’étranges similitudes : espacement des trous de reliure, même vélin. Et une page manque à l’appel ! Toujours selon Le Monde, cet exemplaire aurait été produit à l’occasion du mariage de Bianca, fille illégitime du duc Ludovico Sforza.

Martin Kemp est un spécialiste international de Vinci. Et il en est persuadé :  « Nous pouvons maintenant être certains que le portrait dépeint Bianca Sforza, en l’honneur de la célébration de son mariage en 1496, et que Léonard de Vinci en a été l’artiste : le livre étant daté et l’origine prouvée, il n’y a qu’un seul artiste peintre travaillant à la cour des Sforza qui dessinait de la main gauche : Léonard de Vinci », rapportait Le Monde. D’autant plus que les couleurs originales rappellent les codes héraldiques des Sforza.

Du 9 novembre au 5 février, une exposition sera présentée à la National Gallery de Londres, « Léonard de Vinci : peintre à la cour de Milan ». Mais les organisateurs et une partie de la communauté scientifique ne sont toujours pas convaincu que cette dernière découverte puisse être de Léonard de Vinci, car aucune autre de ses œuvres sur un tel support (vélin) n’est connu à ce jour. Décidément, le temps qui passe ne finira jamais de nous surprendre. Et de révéler l’existence d’œuvres de grands-maîtres, qui n’avaient jusqu’alors jamais été identifiées.

130 euros pour le premier Rembrandt ?

Depuis maintenant un an, un Lyonnais pourrait être en possession du tout premier tableau du peintre Rembrandt. Lors d’une vente judiciaire lyonnaise, cet homme de 42 ans, issu d’une famille d’amateur d’art, a acquis « Vieille dame » pour une somme de 130 euros, d’après le quotidien régional Le Progrès. Il pourrait s’agir du portrait de la mère de Rembrandt, peint par l’artiste hollandais en personne.

Contacté par le journal, l’amateur d’art est revenu sur la découverte et l’achat de l’œuvre. « Je suis entré à l’improviste dans cette salle des ventes, comme je le fais souvent, et ce tableau a attiré mon attention. Je l’ai acheté pour 130 €, et je l’ai posé chez moi. Et puis le personnage qu’il représentait m’habitait de jour en jour. Il fallait absolument que je sache qui c’était ».

Les recherches peuvent commencer. Une première piste le mène vers un expert qui perçoit, inscrit sur le cadre même du tableau, le nom de Dietrich. Il s’agit du pasticheur allemand de Rembrandt. C’est ensuite au tour de Christie’s, la société internationale de ventes aux enchères de s’en mêler. Elle reconnaît très vite, dans le sujet du tableau, la mère de Rembrandt. Rien ne vient prouver que ce dernier est le peintre de l’œuvre. La mère de l’artiste est souvent apparue dans ses œuvres : par exemple, sous les traits d’une prophétesse dans « La Ronde de nuit », son plus célèbre tableau, rappelle Le Progrès.

« La ronde de nuit », Rembrandt.

L’amateur d’art recherche lui aussi, de son côté, de nouveau indices. En scrutant minutieusement la toile, il découvre, en bas à droite, un « R » majuscule. C’est la même paraphe que le peintre hollandais avait l’habitude d’utiliser. Avec la complicité de la responsable d’un atelier de restauration parisien, le tableau est passé au microscope. Et les résultats parlent d’eux-mêmes : la radiographie fait ressortir « une signature complète et une date, 1625, avec un « 6 » à l’envers, comme avait l’habitude de l’écrire le maître ». Rembrandt avait alors 19 ans et vivait encore chez ses parents.

« Ce tableau est vivant et il me dit : défends-moi ! » soutient son propriétaire. Lors de la prochaine étape, les experts pourraient bien identifier l’auteur de cette toile. Une spectrométrie à infrarouges sera réalisée à l’Institut royal de Belgique en janvier. Si cette toile se révèle être la première de Rembrandt, « Lapidation de Saint Étienne »  qui date de 1625 et qui est exposée au musée des Beaux-Arts de Lyon, deviendrait vite la cadette de cette grande famille.